dimanche 20 juillet 2014

En ce moment, je lis...



Si à chaque automne, certains attendent le dernier Nothomb, moi j'attends Elin Hilderbrand à chaque été!  Je ne résiste pas à la Côte Est américaine et ses histoires de coeur!

Tout devait être absolument parfait le jour de ce magnifique mariage sur Nantucket, qui unira les familles Carmichael et Graham. Jenna a tout planifié selon les vœux de sa défunte mère qui, avant de mourir, lui a laissé le Journal : un recueil d’instructions spécifiques et détaillées pour l’organisation de ses futures noces. Mais très vite, la situation devient orageuse : une sœur aînée divorcée sceptique quant à l’amour, un père remettant en question sa nouvelle union, une belle-mère remariée deux fois au même homme, sans compter quelques demoiselles d’honneur dévoyées, des garçons d’honneur intenables, et la menace de la pluie…


Avant la fin des festivités, l’amour sera mis à rude épreuve, des scandales éclateront, des cœurs seront brisés et guéris. Un roman poignant, sondant l’institution du mariage, la fidélité et les engagements.

Mon été 2013: Secret d'été
Mon été 2012: Pieds nus
Mon été 2011: L'été sauvage

Et là, je réalise que je n'ai pas encore lu L'été de la deuxième chance!

vendredi 18 juillet 2014

The lowland, Jhumpa Lahiri.

Growing up in Calcutta, born just 15 months apart, Subhash and Udayan Mitra are inseparable brothers, one often mistaken for the other. But they are also opposites, with gravely different futures ahead of them. It is the 1960s, and Udayan–charismatic and impulsive–finds himself drawn to the Naxalite movement, a rebellion waged to eradicate inequity and poverty: he will give everything, risk all, for what he believes. Subhash, the dutiful son, does not share his brother’s political passion; he leaves home to pursue a life of scientific research in a quiet, coastal corner of America. But when Subhash learns what happened to his brother in the lowland outside their family’s home, he comes back to India, hoping to pick up the pieces of a shattered family, and to heal the wounds Udayan left behind–including those seared in the heart of his brother’s wife.

     Suspenseful, sweeping, piercingly intimate, The Lowland expands the range of one of our most dazzling storytellers, seamlessly interweaving the historical and the personal across generations and geographies. This masterly novel of fate and will, exile and return, is a tour de force and an instant classic.

Subhash et Udayan sont nés à 15 mois d'intervalle, ils ont grandi à Calcutta et sont inséparables, mais tout les sépare.  Udayan s'intéresse à un mouvement politique dangereux et devient, en quelque sorte, un terroriste.  Subhash s'intéresse plutôt aux études et part en Amérique.  Entre temps Udayan prend une jeune épouse indienne, ils sont amoureux et elle le supporte dans ses activités politiques.  Subhash s'amourache d'une Américaine séparée, plus âgée et qui a déjà un enfant.  Un jour, une tragédie se produit et Subhash doit rentrer en Inde.  Ce sera l'occasion pour lui de faire un grand geste pour son frère.  Disons qu'il se sacrifie grandement.  Par culpabilité?  Par amour pour son frère?  Peut-être les deux.  Je ne peux vraiment vous en dire plus pour ne pas brûler le punch, mais ce que je vous dirai c'est que ce roman est le pur exemple du fléau que peut causer le manque de communication dans une famille lors d'une situation difficile.  Au moment où chacun devrait épauler l'autre, chacun se renferme de son côté et laisse passer les années jusqu'au moment où rien n'est récupérable. 

C'est un roman triste sur les relations de familles froides, sans sentiments exposés pour réchauffer le coeur des uns et des autres lorsque nécessaire.  J'ai détesté certains personnages (la mère surtout et la belle-fille!!!) pour leur égoïsme et leurs croyances tordues...

C'est un beau roman sur une autre culture plus introvertie que la mienne en tout cas...  Il y a énormément de bonnes critiques du côté anglophone, j'espère qu'il sera traduit (si ce n'est déjà fait, je n'ai pas vérifié!).

ISBN: 9780676979374

mardi 15 juillet 2014

Rue du bonheur, Anna Fredriksson.


Mère célibataire, Johanna lutte pour joindre les deux bouts, tandis que son ex-mari, Calle, a refait sa vie loin d’elle. Il a quitté la ville pour s’installer à Stockholm avec sa nouvelle petite amie – la très sophistiquée et cultivée Fanny – et commencer une carrière couronnée de succès. 

De son côté, Johanna s’inquiète pour ses filles, dont la plus jeune est le souffre-douleur du collège. Pour ne rien arranger, un patient se suicide dans le centre pour toxicomanes dans lequel elle travaille comme aide-soignante, et Calle refuse désormais de lui verser sa pension alimentaire. 

Un beau jour, Johanna gagne vingt millions de couronnes au loto. Sa vie va alors prendre un tout autre chemin. 

Anna Fredriksson nous invite Rue du Bonheur et on s’y sent immédiatement comme chez soi. À la manière de Cédric Klapish ou de Katherine Pancol, elle brosse des personnages si réels, si attachants, à notre image tout compte fait, qu’on ressort euphorique et revigoré de ce séjour chez Johanna, Calle et leurs filles. 

Johanna et ses deux filles habitent dans un petit village où on a vite fait de tourner en rond.  Sara est le souffre-douleur de sa classe et Johanna ne sait plus comment mettre fin à cette situation qui affecte énormément sa cadette.  Kalle, leur père, a refait sa vie à Stockholm et ne partage pas leur quotidien, si ce n'est qu'une fin de semaine à toutes les trois semaines.  Autant dire qu'il est absent!  Mais le jour où Johanna gagne au loto, toute la famille déménage pour se rapprocher de Kalle et de sa nouvelle compagne, Fanny. Pour le mieux?  Pour les enfants, oui!  Pour Johanna, c'est une autre histoire... mais que ne ferait pas une maman poule pour ses petits poussins?!

L'ambiance du roman est très sympathique!  Je ne dirais pas que ce roman est essentiel dans une bibliothèque, mais à sa défense je dirais qu'il offre une certaine proximité avec le réel et l'ordinaire que j'apprécie parfois dans mes lectures, comme si j'étais en train de lire l'histoire d'une voisine, d'une amie et que j'avais hâte de savoir si au final elle s'en sortirait... Kalle est dentiste, Johanna est aide-soignante et Fanny est étudiante.  Des métiers qui ne sont pas hors du commun, ce sont des gens qui essaient d'améliorer leur condition et de tirer le maximum de leur situation, sans plus. Il n'y a pas d'artifices dans ce roman, ce n'est que l'histoire d'une famille déchirée qui essaie de recoller quelques morceaux pour être plus heureux et j'ai bien aimé être témoin de cette reconstitution où tous les membres de cette famille avaient son mot à dire!  

ISBN: 9782207116180
Parution: 13-05-2014
Trad. du suédois par Carine Bruy

mercredi 9 juillet 2014

La vérité sur l'affaire Harry Quebert, Joël Dicker.

À New York, au printemps 2008, alors que l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain à succès, est dans la tourmente : il est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois.
Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son ami et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d’avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison.

Convaincu de l’innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l’enquête s’enfonce et il fait l’objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d’écrivain, il doit absolument répondre à trois questions : Qui a tué Nola Kellergan ? Que s’est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?

Sous ses airs de thriller à l’américaine, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert est une réflexion sur l’Amérique, sur les travers de la société moderne, sur la littérature, sur la justice et sur les médias.

"Lorsque vous arrivez en fin de livre, Marcus, offrez à votre lecteur un rebondissement de dernière minute.
-Pourquoi?
-Pourquoi?  Mais parce qu'il faut garder le lecteur en haleine jusqu'au bout.  C'est comme quand vous jouez aux cartes: vous devez garder quelques atouts pour la fin." (p.571)

Un livre dans un livre. Même les remerciements de la fin collent au livre et pas à l'auteur... Brillant!  

Si vous n'avez pas lu au moins 75 billets au sujet de ce livre, c'est que vous étiez dans le coma pendant au moins un an!  Alors, quoi dire de plus?  C'est un excellent roman qui vous tient en haleine jusqu'à la fin et que j'ai mis deux mois à lire (sans perdre le fil! Moi et les briques... Une étoile de plus pour M.Dicker!).

Le livre que j'aurais voulu amener dans mon sac de plage... Mon commentaire n'est pas à l'image de la longueur du roman, mais vous faire un résumé relève de l'impossible pour moi.  Fiez-vous au quatrième de couverture et si ça vous plaît, sautez, vous ne serez pas déçus. 

Out of Dublin, Ethel Rohan.

  • Out of Dublin, a survivor’s captivating story of loss, abuse, and resilience, is a stunning short memoir told with startling honesty and vulnerability. Perhaps what’s most arresting about this work, above its unique voice, above its call to end silence, is the depth of its author’s capacity for compassion, love, and forgiveness.
Shebooks offre de courtes histoires écrites en anglais par des femmes pour des femmes en format e-book.  Out of Dublin ne comporte que 34 pages et raconte principalement la mort des parents de l'auteure à 3 mois d'intervalle.  Quelques souvenirs de jeunesse s'ajoutent également au texte.  Née dans une famille de 8 enfants d'une mère devenue aveugle très jeune et schizophrène, les anecdotes ne manquent pas dans ce récit.  Malheureusement, cette famille n'a pas été des plus unies et c'est peut-être pour cette raison que l'auteure s'est envolée vers San Francisco à l'âge de 22 ans...  Ethel Rohan est fait très peu mention, mais elle dit surtout que c'est à ce moment qu'elle a été la plus heureuse dans sa vie.  Significatif!

Sheebooks est une belle initiative, on y trouve de la bio, de la fiction et du style plus journalistique.  La principale qualité de cette collection c'est qu'elle offre des textes courts qui peuvent être une belle transition à peu de frais entre deux romans. Certains sujets peuvent vous interpeller plus que d'autres. Un bon concept.

Le site d'Ethel Rohan, ici.
Le blogue Shebooks

lundi 7 juillet 2014

En ce moment, je lis...

Un livre gagné chez Goodreads de Random House Canada et qui figurent sur tous les palmarès depuis sa sortie... Je ne crois pas qu'une traduction française existe à ce jour.




An international bestseller and finalist for the Man Booker Prize and the National Book Award, The Lowland is the powerful new novel from Pulitzer Prize winner and #1 New York Times bestselling author Jhumpa Lahiri. Two brothers bound by tragedy; a fiercely brilliant woman haunted by her past; a country torn by revolution: set in both India and America The Lowland explores the price of idealism, and a love that can last long past death. Now in paperback. 


     Growing up in Calcutta, born just 15 months apart, Subhash and Udayan Mitra are inseparable brothers, one often mistaken for the other. But they are also opposites, with gravely different futures ahead of them. It is the 1960s, and Udayan–charismatic and impulsive–finds himself drawn to the Naxalite movement, a rebellion waged to eradicate inequity and poverty: he will give everything, risk all, for what he believes. Subhash, the dutiful son, does not share his brother’s political passion; he leaves home to pursue a life of scientific research in a quiet, coastal corner of America. But when Subhash learns what happened to his brother in the lowland outside their family’s home, he comes back to India, hoping to pick up the pieces of a shattered family, and to heal the wounds Udayan left behind–including those seared in the heart of his brother’s wife.



     Suspenseful, sweeping, piercingly intimate, The Lowland expands the range of one of our most dazzling storytellers, seamlessly interweaving the historical and the personal across generations and geographies. This masterly novel of fate and will, exile and return, is a tour de force and an instant classic.

jeudi 3 juillet 2014

La petite reine de Bahia, Alejandro Reyes.

À tout juste dix ans, Maria Aparecida est d’une beauté rare, et il émane d’elle une joie de vivre contagieuse qui séduit tous ceux qui la rencontrent. Après la mort de sa mère, elle déménage à Bahia pour gagner sa vie en vendant des cacahuètes et en cirant des chaussures. 



Un jour, elle fait la connaissance de Betinho, jeune homosexuel à peine plus âgé qu’elle. Lui aussi a été sacrément cabossé par la vie. Il sera le frère, l’ami, l’allié de la petite fille. Le jour où un flic véreux décide que Maria Aparecida est en âge de se prostituer pour des touristes étrangers, les deux gamins décident de s’enfuir. 



Magnifique mélodrame inspiré d’une histoire vraie, La petite reine de Bahia est le récit âpre et dur d’une amitié indestructible qui éclôt au milieu du chaos. Maria et Betinho, ces oubliés de la vie qui transitent dans les bas-fonds de Salvador, incarnent ce Brésil mystérieux, sensuel, misérable et insouciant à la fois. 

Époustouflant!  L'Homme est fort, il peut supporter presque quotidiennement les pires humiliations et encore aspirer à de petits bonheurs...

Le Brésil dépeint par Alejandro Reyes est à des milliers de kilomètres des belles plages au sable fin et du carnaval où la musique, la samba et les costumes colorent les nuits chaudes d'un pays aux paysages de rêve.

"...toute une vie à être considéré et traité comme de la merde, parce que pédé, enfant des rues, travesti, un insecte qu'il faut écrabouiller, un déchet bon à jeter." (p.389)

Les mots de ce roman expriment énormément de violence sans être trop explicites.  Il n'aurait pas été nécessaire d'en ajouter car toute la souffrance de Maria Aparecida et Betinho transperce chaque page du roman! Élevés à la dur, ils se sont connus au travers des cafards, des rats, des mécréants et des pires atrocités que la terre a malheureusement à offrir.  Ils ont fait un bout de chemin ensemble partageant un peu de joie entre les passes, le vol à l'étalage et la vente de petites objets aux touristes pour survivre. Leurs chemins en ont croisé d'autres, mais jamais pour améliorer leur sort.  Maria Aparecida et Betinho se sont aussi perdus pendant un bon moment, cherchant l'amour pour ne trouver que la trahison, cherchant la lumière pour ne trouver que des coins encore plus sombres...  Ce sont des histoires tristes inspirées de vraies personnes et c'est ce qui est encore plus désolant.

Non, ce n'est pas un roman réjouissant, c'est un roman qui met la lumière sur ce que vivent des millions d'enfants sur cette terre!  De jeunes victimes irrécupérables parce qu'ils auront vécu, en très peu de temps, des milliers de fois ce que vous et moi ne vivrons jamais!

La seule chose que je déplore de ce roman, c'est la traduction avec les expressions tirées du jargon français qui ont parfois suscité quelque interrogations chez moi...  Je peux comprendre que dans certains cas, les mots choisis servent à exprimer une certaine dureté ou telle réalité, mais le lecteur québécois moyen qui n'a pas l'habitude éprouvera quelques difficultés.  "Je te chope"  Quelqu'un peut m'expliquer?

Outre cela, c'est un roman à lire pour ne pas rester indifférent à ce monde souterrain que l'on repousse dans les favelas dans le cas du Brésil.

ISBN: 9782207117071
Parution: 05-05-2014
Trad. de l'espagnol (Mexique) par Alexandra Carrasco

La minute fi-fille...

se met à l'orangé!


Essence 145 Flashy pumpkin

Et coupe un peu avec quelques paillettes, parce que c'est BEAUCOUP d'orange!!!  Si vous croisez une citrouille aussi flash, ne la mangez pas, je crois qu'elle est toxique...

mercredi 2 juillet 2014

Fanette, tome 1 - À la conquête de la haute ville, Suzanne Aubry.

1849. Chemin du Roy. Une fillette passe à un cheveu d'être piétinée par le cheval du boghei d'Emma Portelance, une femme avant-gardiste de Québec. Constatant son état pitoyable, Emma ramène l'enfant chez elle pour la soigner. Deux ans auparavant, Fanette a dû s'exiler avec sa famille pour échapper à la famine qui sévissait en Irlande. Devenues orphelines, Fanette et sa sœur aînée, Amanda, sont placées chez des cultivateurs, où elles mènent une vie misérable. Pour améliorer son sort, Amanda part avec un négociant en promettant à Fanette de revenir la chercher, mais elle disparaît mystérieusement. Fanette s'enfuit...

Des années et des années que je me promettais de découvrir cette série historique québécoise (7 tomes au total!) qui a tant de succès que vous pouvez attendre votre tour très longtemps à la bibliothèque municipale pour lire le tome... 1!  Et je comprends maintenant pourquoi.  Suzanne Aubry est une de ces auteurs dont je me plais à dire que si elle avait écrit mes manuels d'histoire, j'aurais eu de meilleures notes à l'école dans cette matière! L'histoire de la petite Fanette est tellement captivante.

Tout débute à l'époque de la famine en Irlande où ces gens désespérés s'entassaient sur des navires pleins à craquer et désuets croyant rejoindre des jours meilleurs au Canada.  Typhoïde, choléra et autres maladies dévastatrices ont vite fait de décimer des familles entières ou de laisser des orphelins ne parlant même pas le français dans ce nouveau pays pas tout à fait prêt à les accepter.  Ces immigrants débarquaient d'abord en quarantaine sur la Grosse Île dans le fleuve St-Laurent avant d'arriver au port de Québec. Cette île est maintenant devenue un site historique.

J'ai appris tant de choses dans ce roman!  Je ne savais pas que les orphelins étaient placés chez les cultivateurs de la région.  Ces familles comportant souvent déjà plusieurs enfants et n'ayant pas nécessairement les moyens de nourrir toutes ces nouvelles bouches, je ne vous dis pas les conditions dans lesquelles ces enfants se retrouvaient... Certains prenaient le nouveau nom de famille et d'autres conservaient leur nom d'origine, etc. Je ne savais pas également qu'au 19ième siècle, au Québec, une femme devait avoir une dot pour faire un bon mariage!  Bref, ce ne sont que quelques exemples pour illustrer que l'auteure mélange histoire, culture, mode de vie et romance de l'époque de façon à ce que ce soit intriguant pour le lecteur.  C'est très intéressant!  Étant moi-même de Québec, je ne peux vous dire combien il m'a plu de me retrouver dans cette ville que j'aime beaucoup plus de 160 ans en arrière! 

J'ai passé un excellent moment avec cette jeune Fanette (qui grandit quand même assez rapidement dans ce premier tome!) et j'ai déjà très hâte de poursuivre avec le deuxième tome!  Le septième tome étant le dernier, je vais pouvoir me permettre de lire toute la série en rafale... ce qui a rendu une certaine Véronique bien jalouse, et que je remercie d'ailleurs d'avoir fini de me convaincre de lire cette série! :o)

Libre Expression
ISBN: 9782764807873

lundi 30 juin 2014

En ce moment, je lis...


À tout juste dix ans, Maria Aparecida est d’une beauté rare, et il émane d’elle une joie de vivre contagieuse qui séduit tous ceux qui la rencontrent. Après la mort de sa mère, elle déménage à Bahia pour gagner sa vie en vendant des cacahuètes et en cirant des chaussures. 


Un jour, elle fait la connaissance de Betinho, jeune homosexuel à peine plus âgé qu’elle. Lui aussi a été sacrément cabossé par la vie. Il sera le frère, l’ami, l’allié de la petite fille. Le jour où un flic véreux décide que Maria Aparecida est en âge de se prostituer pour des touristes étrangers, les deux gamins décident de s’enfuir. 



Magnifique mélodrame inspiré d’une histoire vraie, La petite reine de Bahia est le récit âpre et dur d’une amitié indestructible qui éclôt au milieu du chaos. Maria et Betinho, ces oubliés de la vie qui transitent dans les bas-fonds de Salvador, incarnent ce Brésil mystérieux, sensuel, misérable et insouciant à la fois. 

Un petit voyage au Brésil avec Denoël qui n'a rien à voir avec le foot!  

L'aquarelliste, Beatrice Masini.

En Lombardie, au début du XIXe siècle, une jeune aquarelliste, Bianca, est embauchée par le maître d’un grand domaine à la campagne, don Titta, pour dessiner chacune des fleurs de ses jardins, afin d’en fixer l’éphémère beauté. Don Titta est un poète de renom. Dans une solitude égoïste et autoritaire, il travaille aussi à un roman historique, tout en nourrissant des sympathies nationalistes, dès lors que le royaume lombard-vénitien vit à l’heure de l’occupant autrichien et que des mouvements autonomistes s’agitent dans l’ombre. Mais alors que Bianca est bien déterminée à être maîtresse de sa vie, le roman prend un tour inquiétant. Pia, la petite servante qu’on lui a assignée, est une enfant trouvée, mais d’origine noble. Pourquoi sa mère l’a-t-elle abandonnée? Qui est le père? L’univers de la sexualité, a fortiori quand ni la chose ni le mot ne sont dits, se révèle au moins aussi agité que celui de la «botanique des émotions», comme l’apprendra bientôt Bianca. Comment ne pas se laisser envoûter?


Beatrice Masini vit à Milan. Elle est traductrice (notamment de la série Harry Potter en italien), éditrice chez Bompiani et écrivain pour la jeunesse. Elle a signé plus de quarante livres pour enfants et adolescents, traduits dans vingt langues. L’Aquarelliste est son premier roman destiné aux adultes. En Italie, l’ouvrage a reçu le prix de la Sélection Campiello et le prix Manzoni du meilleur roman historique.

Comme dit souvent une de mes connaissances, ce livre est un livre du matin.  Ce n'est pas un livre qu'on lit dans le brouhaha de l'autobus où tard la nuit avant de dormir!  Le texte est dense et riche. L'atmosphère y est lourde, mais la belle Bianca, l'aquarelliste, y apporte une légèreté incroyable.  Cette jeune fille ne se prend pas trop au sérieux tout en respectant les conventions de l'époque.  Dans mon esprit, ce roman est une combinaison de Downton Abbey et de La jeune fille à la perle.  Parce qu'il y a la grand-mère qui gère les finances en péril, le personnel nombreux, la belle-fille trop délicate et les petits-enfants turbulents et qu'il y a son fils, l'artiste qui travaille sur un roman depuis 10 ans.  Il ne doit pas être dérangé, il est sombre, concentré, distrait et indépendant.  Il fait quelques apparitions au plus grand bonheur de ses enfants et pour donner quelques consignes à cette aquarelliste venue peindre les fleurs du jardin de la résidence d'été, sans plus. 

Le mystère règne, on y croise des discussions secrètes dans les jardins.  Bianca se questionne sur les origines de cette Pia, domestique privilégiée par la famille et on se questionne aussi sur elle en tant qu'étrangère aux doigts de fée.  Tranquillement, elle se fait une place, elle est appréciée pour son talent et sa bonhomie.

C'est un roman très féminin par son apparence et par son contenu.  Les femmes y prennent beaucoup de place même si on sait très bien qu'elles avaient très peu d'influence à cette époque!  Une époque sévère ou chacun doit tenir sa place et lutter contre les élans du coeur  pour sauver les apparences.

Un roman qui s'est mérité plusieurs prix et qui se savoure très lentement.

ISBN: 9782762138122

vendredi 27 juin 2014

En finir avec Eddy Bellegueule, Édouard Louis.

"Je suis parti en courant, tout à coup. Juste le temps d'entendre ma mère dire Qu'est-ce qui fait le débile là ? Je ne voulais pas rester à leur côté, je refusais de partager ce moment avec eux. J'étais déjà loin, je n'appartenais plus à leur monde désormais, la lettre le disait. Je suis allé dans les champs et j'ai marché une bonne partie de la nuit, la fraîcheur du Nord, les chemins de terre, l'odeur de colza, très forte à ce moment de l'année. Toute la nuit fut consacrée à l'élaboration de ma nouvelle vie loin d'ici."En vérité, l'insurrection contre mes parents, contre la pauvreté, contre ma classe sociale, son racisme, sa violence, ses habitudes, n'a été que seconde. Car avant de m'insurger contre le monde de mon enfance, c'est le monde de mon enfance qui s'est insurgé contre moi. Très vite j'ai été pour ma famille et les autres une source de honte, et même de dégoût. Je n'ai pas eu d'autre choix que de prendre la fuite. Ce livre est une tentative pour comprendre.Édouard Louis a 21 ans. Il a déjà publié Pierre Bourdieu: l'insoumission en héritage (PUF, 2013). En finir avec Eddy Bellegueule est son premier roman.

Plusieurs jours que j'ai terminé ce roman et j'ai été longtemps dans la balance à savoir si c'était la bonne façon d'exprimer son vécu.  J'ai lu que sa famille était furieuse contre lui pour les avoir exposés ainsi de long en large au grand public.  En même temps, lorsque tu parles de gens qui ont osé te traiter de gonzesse, tantouse, pédale et autres termes tout aussi peu diplomates devant les autres, je pense que tu as quand même le droit de t'exprimer toi aussi.  Alors, oui, je crois que finalement ce jeune homme avait le droit de dire les choses comme il les a réellement vécues.  C'est vrai que le portrait n'est pas très reluisant lorsqu'il parle de ses voisins crottés, graisseux et mal élevés et de ses parents qui affectionnent beaucoup trop l'alcool et le sexe,  mais si c'est vraiment ce qui s'est passé, pourquoi embellir le portrait?

Tout le monde peut imaginer qu'être homosexuel dans un petit village, c'est être une cible visible.  Eddy Bellegueule a traversé une grande souffrance sans remède... quand on dit que l'ignorance des autres tue, je suis bien contente qu'il s'en soit sorti et qu'il ait réussi à mettre sur papier ses douleurs, ses prises de conscience et sa délivrance d'une certaine façon.  Je lui souhaite maintenant d'être plus heureux avec sa personne!

Un roman à lire.

lundi 23 juin 2014

Vacances à l'anglaise, Mark Haddon.

Enfermez pendant une semaine, dans un coin perdu du pays de Galles sous la pluie, toute une famille qui tente de se réconcilier... et vous obtiendrez la nouvelle comédie douce-amère du prodige Mark Haddon.
Pour se réconcilier avec sa soeur Angela, Richard a l'idée saugrenue de l'inviter à passer des vacances au pays de Galles en compagnie de sa petite famille. Mais dans ce coin du bout du monde, il pleut sans discontinuer, le premier village est à des kilomètres, et les portables ne fonctionnent pas ! Quatre adultes, trois ados et un enfant, qui se connaissent à peine, se retrouvent coincés là pour une semaine.

Jeux de société, conversations de circonstances, promenades... En apparence, la cohabitation semble bien se dérouler. Mais intérieurement, chacun rumine de vieux griefs. De toute part on fomente des alliances, des conquêtes et des trahisons... avant de prôner la réconciliation. Bref, le bonheur des vacances en famille.

Une brillante comédie de moeurs, un regard irrésistible sur les relations familiales, ou l'on retrouve la patte de l'auteur du Bizarre Incident du chien pendant la nuit.



Après L'incident bizarre du chien pendant la nuit qui était un roman vraiment génial, Une situation légèrement délicate m'avait laissée sur ma faim.  Même chose ici.  Un frère et une soeur, avec leur famille respective, se retrouvent pour une semaine de vacances dans la même maison.  C'est l'occasion de faire sortir les squelettes du placard et de mettre sur table les petites rancunes de chacun.  Une écriture très hachurée dans le style tac, tac, tac avec quelques dérapes psychologiques en rêve ou en plein jour pour certains personnages.  Honnêtement, je ne me demande encore pourquoi j'ai poursuivi ma lecture jusqu'à la fin...  Peut-être bien pour voir si tout se terminerait bien finalement! J'aimerais bien retrouver le Mark Haddon que j'ai connu...

mardi 17 juin 2014

Schroder, Amity Gaige.


Salué par une presse dithyrambique, la découverte d'un talent exceptionnel. Entre suspense et profondeur psychologique, un roman fulgurant sur l'amour paternel, le poids des non-dits et la réinvention de soi. 

À quelques semaines de son procès, Erik Schroder prend la plume pour expliquer ses actes à son ex-femme. Lui dire qu'il est un bon père. Qu'il n'a jamais voulu enlever leur fille, Meadow. Que leur petit road-trip n'avait qu'un but : voler quelques heures de bonheur avec son enfant.

Mais voilà, quelque chose est arrivé. Et tout ce qu'Erik a tu pendant trente ans remonte à la surface.

Comment un père aimant a-t-il pu mettre en danger sa propre fille ? Quels secrets cache son passé ? Qui est vraiment Erik Schroder ?

Erik Schroder a enlevé sa fille, mais on ne le déteste pas pour autant.  Parce qu'à travers ses écrits, on comprend bien le processus qui l'a mené à commettre ce geste.  Lorsqu'un couple se sépare, la guerre peut se déclarer entre les deux parties pour l'obtention des biens et la garde des enfants.  Erik n'a pas joué à ce jeu, il a tout accepté jusqu'au jour où son désir de se rapprocher de sa fille de 6 ans est devenu plus fort que son esprit rationnel...  Coincé par son passé, ses chances d'être pardonné sont minces.  Il cache un secret que son ex-femme ne risque pas d'apprécier.  Un secret qu'il traîne comme un boulet, parce qu'au fond, lui aussi ne se pardonne pas certaines choses.  Je suis vague, mais je ne veux pas trop en dire sur cette histoire d'amour paternel, très fort et parfois négligé devant monsieur le juge.  

Amity Gaige mêle humour, tendresse et malaise de façon remarquable.  Il n'y a pas vraiment de tension palpable dans ce roman car le personnage ne cherche pas à se venger de son ex-femme, il veut tout simplement s'accorder plus de temps que celui autorisé avec son petit Bouton d'or.  C'est un roman très émouvant que j'ai lu d'un bout à l'autre sans jamais le refermer.


lundi 16 juin 2014

L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes, Karine Lambert.

Les hommes sont omniprésents dans cet immeuble de femmes… dans leurs nostalgies, leurs blessures, leurs colères et leurs désirs enfouis. Cinq femmes d’âges et d’univers différents unies par un point commun fort : elles ne veulent plus entendre parler d’amour et ont inventé une autre manière de vivre… Jusqu’au jour où une nouvelle locataire vient bouleverser leur quotidien. Juliette est séduite par leur complicité, leur courage et leurs grains de folie. Mais elle, elle n’a pas du tout renoncé ! Et elle le clame haut et fort. Va-t-elle faire vaciller les belles certitudes de ses voisines ?

Ce roman vif et tendre oscille entre humour et gravité pour nous parler de la difficulté d’aimer, des choix existentiels, des fêlures des êtres humains et de leur soif de bonheur. On s’y sent bien.

Il y a deux semaines, je crois avoir lu au moins trois bons commentaires sur ce livre dans la même journée. Il n'en fallait pas plus pour que je cours l'emprunter à la bibliothèque.  Je vais être un peu casseuse de party (ou casse-pieds!), je n'ai pas été emballée par cette histoire de femmes qui sous le prétexte d'avoir été blessées par un homme (il y a 10 ans!) refusent totalement leur présence dans l'immeuble... la règle tient également pour le plombier ou l'électricien qui se présente, la personne doit être une femme pour pouvoir effectuer les réparations.  Appelez cela un secte ou je ne sais quoi, c'est un peu fort!  Donc, à ne pas prendre au premier degré comme moi, car les petites manies de ces dames vous énerveront rapidement... La Reine est un personnage qui j'ai détesté dès son apparition et Juliette est celle qui a fait en sorte que je termine le livre.  Par sa personnalité pétillante, elle a réussi à dérider ces voisines et je lui dis merci.  Car, franchement, qui renonce au plaisir d'être aimé et d'aimer?!  Sinon, la vie de quartier, Jean-Pierre et les dimanches entre voisines autour d'un bon repas sont aussi des aspects qui ont sauvé la barque pour moi...

samedi 14 juin 2014

Les Suprêmes, Edward Kelsey Moore.

Elles se sont rencontrées à la fin des années 1960 et ne se sont plus quittées depuis : tout le monde les appelle “les Suprêmes”, en référence au célèbre groupe de chanteuses des seventies. Complices dans le bonheur comme dans l’adversité, ces trois irrésistibles quinquas afro-américaines aussi puissantes que fragiles ont, depuis leur adolescence, fait de l’un des restaurants de leur petite ville de l’Indiana longtemps marquée par la ségrégation leur quartier général où, tous les dimanches, entre commérages et confidences, rire et larmes, elles se gavent de nourritures diététiquement incorrectes tout en élaborant leurs stratégies de survie.


Née dans un sycomore, l’intrépide Odette, qui mène son monde à la baguette, converse secrètement avec les fantômes et soigne son cancer à la marijuana sur les conseils avisés de sa défunte mère, tandis que la sage Clarice endure les frasques de son très volage époux pour gagner sa part de ciel. Toutes deux ont pris sous leur aile Barbara Jean, éternelle bombe sexuelle que l’existence n’a cessé de meurtrir. D’épreuves en épreuves, l’indissoluble trio a subsisté contre vents et marées dans une Amérique successivement modelée par les ravages de la ségrégation raciale, l’insouciance des années hippies, la difficile mise en route de “l’ascenseur social”, l’embourgeoisement, sous la houlette des promoteurs immobiliers, des quartiers naguère réservés aux Noirs et les nouveaux catéchismes de la modernité mondialisée.



Invitation à une lecture aussi décalée que féconde de la problématique raciale aux États-Unis, ce formidable et attachant roman de l’amitié et de la résilience emmené par d’époustouflants personnages et porté par l’écriture imagée et subversive d’Edward Kelsey Moore, s’affirme avant tout comme une exemplaire défense et illustration de l’humanisme conçu comme la plus réjouissante des insurrections. 


J'ai rarement lu un quatrième de couverture qui décrit aussi bien un roman!  J'ai aimé  cette lecture pour la magnifique histoire d'amitié entre trois femmes noires provenant de milieux différents.  Malgré leurs différences, elles ont su se rallier pour faire face aux épreuves de la vie.  Cancer, peines d'amour, infidélités, perte d'un enfant, pendant des décennies, elles se sont soutenues.  J'ai aimé m'incruster dans leur quotidien et partager avec elles les petits bonheurs ainsi que les malheurs.  Les Suprêmes ont beaucoup de caractère et osent se dire les vraies choses en plein visage! Elles sont drôles, attachantes et un peu fêlées sur les bords parfois...

C'est Un autre endroit pour lire qui m'a donné envie de lire ce roman et tout comme elle, j'aimerais bien voir un film pour l'atmosphère qui y est décrit et l'époque qui y est représentée.  C'est un roman très touchant à ne pas contourner.




mardi 10 juin 2014

Le théorème du homard, Graeme Simsion.


Peut-on trouver une épouse sur mesure ? Le professeur de génétique Don Tillman, génie des sciences mais absolument inapte à vivre en société, en est persuadé. Pour mener à bien son « Projet Épouse », il met au point un questionnaire extrêmement détaillé lui permettant d'éliminer toutes les candidates qui ne répondraient pas à ses exigences. Et celles-ci sont nombreuses, car pour Don :

la femme idéale NE DOIT PAS
1. Fumer et boire.
2. Être végétarienne et aimer la glace à l'abricot.
3. Se lever après 6 heures.
Mais elle DOIT
1. Faire du sport.
2. Être ponctuelle.
3. Accepter le Système de Repas Normalisé qui prévoit du homard au dîner le mardi.

S'il y a bien une personne qui ne remplit aucun des critères établis, c'est Rosie Jarman, étudiante le jour et barmaid la nuit, dont la vie est aussi désordonnée que celle de Don est méthodiquement organisée...

La discipline réglée à la seconde près de Don agace un peu dans les premiers chapitres, mais comme il se relâche tranquillement au fil de l'histoire, ses manies deviennent plus supportables!   Je n'ai pas grand chose à dire sur ce roman que j'ai lu en deux jours sur ma liseuse (incroyable!) si ce n'est que j'aimerais bien le voir en film.  Don a un petit côté autiste qui réserve un nombre de minutes précises pour chaque activité de sa vie.  Imaginez lorsqu'une femme, tout le contraire de lui, vient perturber sa routine... C'est une comédie romantique dans laquelle un homme qui est tout à fait incapable d'avoir de l'empathie découvre, à son rythme, ce que peut être l'amour.  C'est drôle, c'est cute, mais pour moi ce ne sera pas le livre de l'été tel qu'entendu...


dimanche 8 juin 2014

L'Exception, Audur Ava Olafsdottir.

"Tu seras toujours la femme de ma vie."


Dans le vacarme d’un réveillon de nouvel an, María n’entend pas ce que Floki, son mari, lui annonce : il la quitte pour son collègue, spécialiste comme lui de la théorie du chaos.



Heureusement, dans la nuit de l’hiver polaire, Perla est là, charitable voisine d’à peine un mètre vingt, co-auteur de romans policiers et conseillère conjugale, qui surgit à tout moment de son appartement de l’entresol pour secourir fort à propos la belle délaissée...


Ni Perla la naine surdouée, ni María l’épouse idéale démunie devant une orientation sexuelle désormais incompatible, ni les autres acteurs de cette comédie dramatique à l’islandaise – adorables bambins, belles-familles consternées ou complices, père génétique inattendu – ne détournent le lecteur d’une alerte cocasserie de ton, d’une sorte d’enjouement tendre, de brio ininterrompu qui font de l’Exception un grand roman de la déconstruction et de la reconstruction narcissique à la portée du commun des mortels.

Si votre mari vous annonce le 31 décembre à minuit, en ouvrant la bouteille de champagne, qu'il vous quitte pour un homme, quelle serait votre réaction?  Une crise de nerfs?  Balancer tous ses vêtements en bas du balcon?  Quelque chose dans le genre, n'est-ce pas? Maria, elle, exige une dernière nuit d'amour, elle pose un hamac dans le jardin à -14 degrés, elle part à la maison d'été en pleine tempête accompagnée de ses jumeaux de 2 ans et demi ou encore elle repeint la maison... Rien de vraisemblable, à mon avis!  Aidée (ou envahie!) par sa voisine d'en bas, naine, psychanalyste et nègre pour un auteur de polars, ensemble, elles mangent beaucoup de bacon...  Bon, ce n'est pas que j'ai aimé, mais je dirais que tout comme pour Rosa Candida, je trouve que les émotions ne sont jamais bien étoffées dans les romans de cette écrivaine islandaise.  On reste en surface.  Il n'est pas nécessaire que ce soit le mélo-drame, mais pas la peine non plus que la première larme soit versée qu'à la moitié du roman dans les circonstances.  J'aurais aimé plus de chaleur chez cette femme qui traverse plus d'une épreuve dans un court laps de temps.  Qu'elle ressemble moins à un robot sur pilote automatique.  Les seuls moments où l'on sent que cette femme est vivante, c'est lorsqu'elle met les pieds dans le froid d'une longue nuit islandaise ou lorsqu'elle sert Perla sur son coeur (même expression utilisée 2 ou 3 fois dans le romans d'ailleurs!).

C'est pas mauvais, c'est même un très belle histoire si on oublie les petites fleurs du tapis dans lesquelles je me suis prise les pieds!


jeudi 5 juin 2014

À l'encre russe, Tatiana de Rosnay.

L’Enveloppe a valu au jeune romancier Nicolas Kolt un succès international et une notoriété dans laquelle il tend à se complaire. C’est en découvrant la véritable identité de son père et en fouillant jusqu’en Russie dans l’histoire de ses ancêtres qu’il a trouvé la trame de son premier livre. Depuis, il peine à fournir un autre best-seller à son éditrice. Trois jours dans un hôtel de luxe sur la côte toscane, en compagnie de la jolie Malvina, devraient l’aider à prendre de la distance avec ses fans. Un week-end tumultueux durant lequel sa vie va basculer…

Nicolas Kolt  a la tête enflée par le succès!  Famille et amis ont depuis peu pris leur distance face à cet homme qu'ils ne reconnaissent plus, trop occupé à savourer sa popularité et à dépenser son fric.  Lorsqu'il part trois jours dans un hôtel de luxe italien en compagnie de sa petite amie du moment, c'est pour essayer d'écrire un deuxième roman, celui qui ne vient pas facilement après L'enveloppe...  Tous veulent connaître le titre, le sujet, la date de sortie, etc.  Situation angoissante pour un écrivain surtout lorsqu'il n'a absolument rien sur la planche à dessin!

Quelqu'un m'a dit qu'il n'avait pas cru à cet écrivain en lisant le livre.  C'est vrai que Nicolas Kolt atteint des sommets d'égocentrisme impardonnables, mais je me suis concentrée sur l'histoire familiale qui se déroule en parallèle.  Né Duhamel, l'écrivain découvre un jour qu'il n'a absolument rien de français car ses origines sont belges et russes!  C'est à partir de ses découvertes sur les secrets de famille qu'il a écrit son premier titre sous les traits d'un alter-ego féminin.  Il tenait son sujet et c'est comme si nous assistions à la naissance de son roman (déjà publié) au travers de son séjour au Gallo Nero.

Luxe, champagne, beauté, ambiance relaxante, bains de mer en eau limpide, utilisation des réseaux sociaux, bateau de croisière échoué sur la rive, l'auteure a tant qu'à elle puisé son inspiration dans l'actualité et la dolce vita sur la riviera italienne.  

Tatiana de Rosnay ne semble pas être arrivée au bout de sa plume car À l'encre russe est une belle mosaïque d'humour, de drame et de mystère comme elle sait si bien le faire. C'est définitivement un livre de poche agréable à mettre dans votre sac de plage. 

Livre de poche
ISBN: 9782253177548

mercredi 4 juin 2014

Qu'est-ce que je lis?

Trois réservations sont arrivées en même temps... par lequel dois-je commencer?




À votre avis?


lundi 2 juin 2014

Un paradis trompeur, Henning Mankell.

Le froid et la misère ont marqué l’enfance de Hanna Renström dans un hameau au nord de la Suède. En avril 1904, à l’âge de dix-huit ans, elle s’embarque sur un vapeur en partance pour l’Australie dans l’espoir d’une vie meilleure. Pourtant aucune de ses attentes ? ou de ses craintes ? ne la prépare à son destin. Deux fois mariée brièvement, deux fois veuve, elle se retrouve à la tête d’une grosse fortune et d’un bordel au Mozambique, dans l’Afrique orientale portugaise. Elle se sent seule en tant que femme au sein d’une société coloniale régie par la suprématie machiste des Blancs, seule de par la couleur de sa peau parmi les prostituées noires, seule face à la ségrégation, au racisme, à la haine, et à la peur de l’autre qui habite les Blancs comme les Noirs, et qui définit tout rapport humain. Ce paradis loin de son village natal n’est-il qu’un monde de ténèbres ?

J'ai bien toute la série Wallander dans la PAL, mais je crois bien en avoir lu qu'un seul à ce jour, je ne peux donc pas me considérer comme la spécialiste des romans de Mankell!  Cependant, dès les premières pages de Un paradis trompeur, j'ai une vu une différence dans la plume de l'auteur.  Je ne sais pas exactement ce qui fait la différence, il se pourrait même que ce soit tout simplement le thème abordé qui apporte la variante. Nous sommes en Afrique noire au début du vingtième siècle contrairement aux enquêtes qui se déroulent généralement à une époque plus moderne...  Plus de lenteur aussi???

Je ne dirais pas que ce roman est un coup de coeur, mais c'est vrai que les aventures d'Hanna nous poussent toujours vers la page suivante.  Son débarquement, dans un pays où la méfiance envers les Blancs règnent (et vice-versa), a eu pour effet de lui faire prendre de la maturité en un temps record.  Deux mariages en peu de temps, veuve aussi rapidement, cette vie n'est certainement pas celle qu'elle avait jamais imaginée dans sa Suède natale!

J'aurais aimé que l'auteur développe un peu certains personnages comme Felicia, une des prostituées du bordel qui semblait pouvoir jouer avec la mort comme un enfant avec un ballon, avec une insouciance déconcertante.  J'aurai également connaître un peu plus Hanna dans sa famille avant le grand départ...  Ce sont des envies purement personnelles qui ne sont pas nécessaires à la compréhension de ce roman historique.

Après ce roman, j'ai vraiment envie de me remettre à lire Mankell!

C'est lundi, que lisez-vous?

Un rendez-vous très populaire chez Galleane à lequel je n'ai pas participé depuis des années!

On répond comme chaque Lundi à trois petites questions :
1. Qu'ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?

De mon côté, ce sera simple car à l'exception de Mankell, je lis les mêmes livres depuis au moins deux semaines!






Je ne sais pas ce que je lirai après... tout dépend de ce qui arrivera dans ma boîte aux lettres, à la bibliothèque ou de ce que j'aurai envie de piocher dans ma PAL!

Bonne semaine à tous!

dimanche 1 juin 2014

En ce moment, je lis...


188/372 pages lues et pas d'abandon en vue!

jeudi 29 mai 2014

La vie, sucrée de Juliette Gagnon - Tome 1, Nathalie Roy.

Une toute nouvelle série s'amorce avec la fille de Charlotte Lavigne, Juliette Gagnon, jeune femme dans la vingtaine, qui travaille comme photographe pour un studio renommé. Juliette est à la recherche du grand amour, mais elle a plutôt le don d'attirer les mauvais partis : le gars qui ne veut pas s'engager, celui qui a deux blondes en même temps ou encore le père d'une amie. Bref, ses histoires de cœur sont catastrophiques. Pourtant, sa vie serait simple si elle réalisait que l'amour se trouve peut-être tout près d'elle…

Comme sa mère, Juliette est une fille intense, autant dans ses relations avec ses copines, Marie-Pier et Clémence, que dans son travail. Appelée à photographier des vedettes, elle a le don de se mettre les pieds dans les plats. Amusante, directe et un brin immature, elle fonce dans la vie pour obtenir ce qu'elle veut.

Entourée de personnages attachants, Juliette vivra des aventures peu banales, loufoques, parfois même surréalistes, un peu trop souvent au goût de ses amies. Malgré cela, sa carrière prendra-t-elle de l'essor ? Trouvera-t-elle enfin l'amour ? 


Juliette Gagnon ne retient pas des voisins! Tout comme sa maman (Charlotte Lavigne que j'ai adorée!), elle est pétillante, sexy, gaffeuse, gourmande, téméraire, frivole et un peu... étourdie!  N'ayons pas peur des mots. Elle est photographe de profession et son métier l'amène à rencontrer bien du beau monde.  Dans ce premier tome, Juliette sort d'une peine d'amour très douloureuse que tous les plus beaux vernis et bouteilles de champagne ne peuvent guérir. Ses BFF (best friends forever) Clémence et Marie-Pier sont à ses côtés tout comme son mononcle Ugo, le meilleur ami de sa mère pour essayer de lui inculquer un peu de bon sens ou encore pour écouter ses états âmes de jeune femme dans la vingtaine pas toujours convaincue de sa personne.  Si je m'attendais à un peu plus de mention des fameux parents de Juliette, l'auteure a quand même pris soin de ne pas les exclure en faisant quelques références à leur situation actuelle en plus d'inclure une nonna, soit la grand-mère italienne de Juju.  Je suis satisfaite de ce côté, car c'est difficile de laisser partir des personnages avec qui on a passé plusieurs bons moments sur quatre tomes et je pense que l'auteure se doutait bien que ses lectrices n'abandonneraient pas aussi facilement!

Nathalie Roy cuisine de la bonne chick lit. Elle m'épate à coup sûr!  Le rythme est excellent dès les premières pages, les rebondissements se multiplient à chaque chapitre et il est pratiquement impossible de ne pas s'attacher aux personnages.  En plus de nous laisser sur un suspense à la fin de chaque tome, je trouve que l'auteure fait preuve de beaucoup de panache dans ses scènes, rien d'ennuyant ici, je vous le jure!  Du moment qu'on aime le genre (ou pas même... je n'aimais pas avant de rencontrer Charlotte!), c'est une nouvelle série incontournable.  Un must de l'été au même titre que le rosé!!!  

À mon grand désespoir, j'ai raté le lancement du roman très girlie d'après les photos.  La madame est une vraie chick, il ne fallait pas s'attendre à moins!  

En attendant la suite des aventures de Juliette, tous les dimanches, vous pouvez lire  Les chroniques d'une romancière angoissée écrites par Nathalie dans le journal de Montréal.

Libre Expression
ISBN: 9782764809891